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Histoire du Berry et de la Petite Fadette de George Sand: un conte ancestral

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« Moi c’est La Petite Fadette que je préfère. » Depuis Toulouse, où j’habitais, j’avais fait un saut dans le Berry, invité par ma vieille amie Emmanuelle G., qui s’y est installée pendant la pandémie de 2021. Amis de collège et de lycée, nous nous étions rencontrés à Annecy, à l’époque où nous y vivions tous deux. Elle était ensuite partie à Paris, où elle a travaillé à la télévision, comme présentatrice puis productrice, et où elle a publié un livre qui, adapté bientôt en série, lui a beaucoup plus rapporté que les miens. Lassée de Paris, la voici qui s’installe dans la campagne berrichonne près de La Châtre, et, hasard ou destin, il s’avère que c’est justement le pays de ma mère, de ses ancêtres paysans, ceux-là même dont parle George Sand dans La Petite Fadette . Car Emmanuelle et moi étions devenus amis parce que nous parlions ensemble de littérature, notamment classique. Je lui récitais les vers de Guillaume Apollinaire le long du lac, elle évoquait Albert Camus et And...

Captain France contre les démons en plastique: épisode 34. Le monstre infect de notre Nouvelle Marianne

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(Dans le dernier épisode de cette incroyable série, nous avons laissé la Nouvelle Marianne, alias Marie-Sol Toclun, alors que Captain France son instructeur venait de refermer une porte derrière elle, et qu'elle avait aperçu un monstre qui s'approchait d'elle en s'arrachant comme d'un abîme.) Jugez plutôt ! Elle avait plusieurs paires d’yeux, cruels et profonds, et des serpents en guise de cheveux s’agitaient sur son crâne apparemment mou. De sa bouche énorme pendaient non une lèvre mais dix tentacules, semblables à des lèvres découpées, cependant douées de leur propre animation, ainsi que des doigts. Dans la bouche étaient d’énormes dents, pointues et effilées. Le corps du monstre était large et doté, à l’arrière, d’une épine dorsale dont les vertèbres se laissaient soulever et développer en pointes, ainsi que des nageoires. Sa peau flasque protégeait des muscles qui ne cessaient de rouler, montrant une force qu’on n’eût pu mesurer, tant elle s’annonçait comme g...

Captain France contre les démons en plastique: épisode 33. L'ultime épreuve de Marie-Sol

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(Dans le dernier épisode de cette épopée, nous avons laissé la Nouvelle Marianne alors que, bien entraînée par Captain France, elle s'apprêtait à passer une ultime épreuve, pour devenir une héroïne pleine et entière, connaître une véritable métamorphose.)  Or, voici en quoi consistait cette ultime épreuve. Le jour où elle devait avoir lieu, Marie-Sol Toclun, la Nouvelle Marianne, vit Captain France devant une porte. La vie de Marie-Sol, en effet, n’était pas confinée dans l’espace blanc que nous avons décrit. Selon la nature des épreuves suivies, différents éléments y paraissaient. Les astres, notamment, s’y montraient – non pas lointains comme dans le ciel habituel, mais tout proches, comme à portée de main. Et lorsqu’il était l’heure de dormir, ou de manger, des éléments de chambre, de lit, de table, de nourriture, surgissaient dans l’espace blanc – qui, sinon, n’avait pas de limite apparente. Les jours passaient, mais il semblait que ce ne fût pas selon un ordre imposé par le ...

Captain France contre les démons en plastique: épisode 32. Une initiation tendue

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(Dans le dernier épisode de cette inquiétante épopée, nous avons laissé la nouvelle amie de Captain France alors qu'elle avait accepté de devenir une super-héroïne protectrice de la France, de l'Europe et du monde.) Elle s’attendait, peut-être, à être félicitée. Mais dès qu’elle eut donné son accord un éclair jaillit, suivi d’un coup de tonnerre retentissant, et la salle, avec tous ses occupants, disparut. Seul Captain France était à ses côtés, éclairé dans l’obscurité soudain créée par son propre costume rutilant. Or, une lumière blanche emplit peu à peu cet espace inconnu, ne contenant absolument rien, si ce n’est les deux personnages. Même les pieds de Marie-Sol et de Captain France semblaient reposer sur du pur néant, sans qu’aucun sol fût visible. Et quand la lumière se fut imposée elle vit qu’elle était dans un costume différent, qui lui moulait le corps, lequel elle trouvait curieusement plus fort et athlétique que d’ordinaire : sa métamorphose avait commencé. Elle ne ...

Voyage aux Philippines, 14. Makina

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Nous avons  vu  que Budjette Tan, l’auteur de  Trese , faisait référence aux avions comme étonnant les nymphes de l’air, fées de l’espace ! Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les Philippins ne sont aucunement fermés aux inventions nouvelles : ils ne se contentent absolument pas de reprendre, de la culture américaine, ce qui résonne avec leurs propres traditions mythologiques. Leur fascination pour les machines a toute l’allure de celle qu’ont les enfants, s’ébahissant devant les engins des chantiers, les voitures de sport et les fusées d’Elon Musk.  Cependant, ces machines chez eux continuent de se relier aux  aswangs , aux  diwatas  et aux  tikbalangs . Un album acheté à Manille, intitulé  Makina , et réalisé par Ian Sta. Maria et Katrina F. Olan, en dit long, sur le sujet. L’ouvrage, de forme plus horizontale que verticale, propose des rêveries futuristes dessinées par le premier, et légendées par la seconde. Cela ressemb...

Captain France contre les démons en plastique: épisode 31. Une conversation singulière

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(Dans le dernier épisode de cette série merveilleuse, nous avons laissé Marie-Sol alors que, se trouvant une dame semblable à une reine immortelle, elle venait de la voir sourire ironiquement à son intention,.) Et Captain France, qui les regardait l’une après l’autre, fixa son regard sur Marie-Sol. Soudain le tableau se figea. Seules les bouffées de lumière issues du regard de la femme mystique semblaient encore se mouvoir, à la façon d’une écume moutonnant d’une cascade. De cette cascade, Marie-Sol crut entendre le bruit : la femme qui se tenait devant elle devint transparente, une chute d’eau apparut à sa place. Un lac accueillait cette cascade écumeuse ; des fleurs parsemaient le gazon d’une rive ; sur cette rive, Marie-Sol vit marcher un homme : il était complètement nu. Il s’approcha, et elle pensa le reconnaître, notamment à son corps et à ses muscles. Mais son visage restait masqué, comme entour d’une brume lumineuse. Elle s’exclama. Son regard fut de nouveau porté sur la femme,...

Voyage aux Philippines, 13. L’être du drapeau au musée national: une bataille

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Le Musée National des Beaux-Arts de Manille est situé dans le cœur de la capitale philippine, tout comme les autres musées. On peut y admirer des choses intéressantes. Les spectres qui hantent le souvenir de l’invasion japonaise y sont peints. Une Victoire ailée, sculptée de façon classique, est qualifiée de Diwata par l’inscription explicative. On ne trouve pourtant pas que le sculpteur, qui, philippin, avait appris l’art à la mode européenne, l’ait jamais nommée ainsi. Il est officiellement admis que les esprits protecteurs, s’ils ne sont pas des anges chrétiens, doivent se nommer Diwatas (c’est-à-dire Devatas : le mot est d’origine indienne). Je sors du musée, à l’architecture également néoclassique, avec des colonnes et un portique, et je vois un grand drapeau philippin flotter doucement au-dessus de ma tête. Vous me croirez si vous voulez, mais, alors que je contemplais ce doux mouvement dans la lumière du soir azuré, j’ai cru percevoir qu’il y avait là une vie propre, que le ...