Voyage aux Philippines, 5. Culte du poète Jose P. Rizal
Si les Philippines sont un pays particulièrement sympathique, c’est parce que son dieu national, en deçà ou au-delà du Santo Niño , n’est pas, comme ailleurs, un homme politique ou un général d’armée, mais un poète. Aux États-Unis, vous le savez, les deux héros légendaires sont deux présidents, George Washington et Abraham Lincoln. Les poètes, Walt Whitman, Edgar Poe, Emily Dickinson, et les philosophes, Emerson, Thoreau, n’ont pas de vrai monument. La nation les méprise. Ils passent après ceux qui sont parvenus à imposer une loi unitaire à ce pays divers et traversé de différentes communautés. En France, ce n’est guère différent : celui qu’on vénère le plus, c’est Napoléon. Mais, aux Philippines, la figure nationale qu’on vénère est le poète José P. Rizal. Né en 1861 à Calamba d’une riche famille indigène, il fait des études à Manille, voyage en Europe, se fait artiste, poète et savant, et écrit en espagnol des romans restés immortels, montrant la société philippine de son temps...