Contes et légendes de Savoie au château d'Avully
Il reste la possibilité de se retrancher dans l'ancienne tradition: puisque la science-fiction est impossible, on fera de la fantasy - et on la fera en s'appuyant sur les mythologies régionales, et sans effets spéciaux majeurs: on dira, on jouera les contes, le merveilleux. Car il suffit d'avoir foi: et le corps même de l'acteur, comme disait Valère Novarina, porte l'énergie divine par laquelle l'inconnu apparaît.
Un jour, peut-être, on pourra développer cela en pièces de théâtre. Mais l'heure n'est pas encore venue. Les régionalistes savoyards ne m'ont proposé que de jouer dans une pièce sur Marguerite Frichelet, qui ne contient pas de merveilleux, et qui a plutôt un ressort politique réactionnaire, dans la foulée de Philippe de Villiers au Puy du Fou. J'ai proposé en retour une pièce épique sur le Comte Vert, et aucun accord n'est survenu.
Pour le moment, donc, nous nous investirons dans une formidable journée poétique et féerique au château d'Avully, en Haute-Savoie, le 23 juillet prochain, organisée par les associations Rives en Pages et Cercle littéraire et artistique Léman Savoie (CLALS), le Château d'Avully, et Biocoop (partenaire).
Rendez-vous compte! D'abord, à 16 h, le grand poète Marcel Maillet prononcera une conférence sur feu Jean-Vincent Verdonnet, le plus grand poète savoyard du vingtième siècle, que j'ai bien connu, et sur lequel j'ai d'ailleurs aussi prononcé des conférences. En sa présence, en général. Il restituait bien l'atmosphère mystérieuse du paysage savoyard, en puisant aux souvenirs d'enfance comme reflets d'une forme d'éternité.
Ensuite, à 17 h, mais aussi à 20 h, des poètes diront leurs textes, et, certes, ils sont bons, ils sont riches, au bord du Léman! Lord Byron et Alphonse de Lamartine leur serviront de guides: ils ont écrit de bien beaux poèmes, sur le lac dit de Genève. Je ne compterai même pas les divins prosateurs qui l'ont chanté et décrit dans leurs romans et récits de voyage: Mary Shelley, Jean-Jacques Rousseau, Théophile Gautier, ils sont si beaux!
Et puis, à 19 h, je vous dirai, chers amis, des contes traditionnels savoyards que j'ai un peu réécrits pour leur donner de la vivacité au sens où je l'entends, et qui normalement devraient être publiés dans un recueil de légendes qu'un éditeur breton m'a commandé. Je l'ai écrit, il n'y a plus qu'à l'imprimer. Je suis bon conteur, me dit-on, je récite bien la poésie, suis bon acteur, et j'ai donné déjà ces contes plusieurs fois - ils ont plu, même si leur vivacité a étonné. Mais la lumière du lac ne saurait avoir d'autres effets!
Venez donc écouter la chose, chers amis: je vous attends.

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