Captain France contre les robots en plastique: une épopée. Episode 14: le combat de Captain France
(Dans le dernier épisode de cette épique série, nous avons laissé Captain France alors qu'il venait d'apparaître afin de faire barrage au monstre arachnéide apparu derrière un cyborg en plastique déguisé en gendarme d'élite.)
Un hurlement se fit entendre, et le hideux tentacule desserra son étreinte. Pareil à une énorme araignée, le monstre se jeta sur Captain France : le heurtant, il le projeta sur le mur qui était derrière lui – et le choc fut tel, que les parpaings s’en désossèrent, et que le mur fut enfoncé. Captain France et son assaillant passèrent à travers.
Parmi les gravats Captain France tomba, roulant comme il put
dans la poussière, le plâtre et le ciment. Sa peau et son costume qui le
protégeaient étaient cependant si durs qu’il ne reçut pas de blessure importante.
Son pourpoint aux couleurs de la France continuait de briller comme si des
mailles de métal céleste s’étaient cristallisées dans la lumière, car il était
le vivant génie de notre drapeau ! Des anges avaient créé ce costume qui
servait aussi d’armure. Mille gadgets s’y dissimulaient, donnant à son
possesseur un pouvoir énorme. Doués de conscience propre, ils obéissaient à la
seule pensée de Captain France.
L’araignée géante, sous le choc, avait, elle aussi, traversé
le mur, roulant d’un autre côté du couloir se trouvant derrière. Elle se
rétablit à un peu moins de trois mètres de Captain France – en secouant le
plâtre, la poussière et les gravats qui la recouvraient. L’instant d’après, nettoyé
par ses mouvements violents, libéré de la saleté par plusieurs convulsions de
dégoût, son corps, de nouveau, brillait dans sa noirceur pure.
On aurait qu’elle était un trou, certes irrégulier, creusé
dans la matière même – qu’elle n’était pas remplie de substance, mais de vide
actif de toute substance. Elle déplaçait autour d’elle de l’ombre – et l’abîme
était reflété dans ses yeux, où luisait faiblement une étincelle froide.
Le monstre ploya, puis tendit brusquement ses pattes, bondissant
une seconde fois sur Captain France. Mais, cette fois, il put l’éviter. Bondissant
en avant à son tour il passa entre les pattes surprises du monstre, lesquelles
se refermèrent d’un coup sec, alors qu’elles tâchaient en vain de le saisir.
Captain France posa même un pied sur le crâne sombre de l’araignée
– et il sentit, à ce contact, comme un hideux froid le saisir : ce crâne
était rempli de l’absence de toute chaleur, car le monstre aspirait et
absorbait toute particule de feu passant à proximité, il la faisait disparaître
à jamais dans le froid absolu de ses membres.
Captain France sentit même son pied s’enfoncer comme dans
une vase de ténèbres, comme si ce monstre n’était fait au fond que de vapeur à
peine condensée. Cependant, depuis sa volonté à ce moment il fit partir, sous
sa botte vermeille à rabats, de l’énergie qui explosa en une gerbe d’étincelles
– et il put s’élancer au loin, faisant rugir le monstre sous lui : et ce
rugissement fut la chose la plus épouvantable que jamais oreille humaine eût
entendue. Tout Bourg-en-Bresse en trembla, croyant à une déchirure cosmique, à une
fissure pratiquée dans l’azur même. Mais il ne s’agissait que du monstre
Dicaliüdh, frappé par le pied merveilleux de Captain France.
(A suivre.)

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