Voyage aux Philippines, 9. Circulation automobile

Les pays diffèrent beaucoup dans leur circulation automobile, et dans l’économie qui lui est liée. Les Philippines ont aussi à cet égard leur spécificité.

Le premier étonnement est qu’il n’y a pas d’autoroute.

À quoi bon ? Les îles dont elles sont constituées ne sont pas en elles-mêmes immenses, et ne contiennent pas plusieurs métropoles à la fois. Le pays reste surtout agricole. Cependant, Manille est une grande métropole : elle est dispersée, étendue, son agglomération est grosse. Pour y circuler plus vite, le gouvernement a conçu une voie passant au-dessus, sur un pont soutenu par des piles de béton, et payante, comme une autoroute européenne. Le reste des voitures passe fréquemment entre les piles, où s’accumulent des embouteillages interminables. Il n’y a guère de transport en commun élaboré : comme en Afrique, les voitures individuelles servent souvent de minibus.

Les autres routes, traversant la campagne, sont généralement bien faites, et, s’il n’y a pas de réverbères, elles sont piquetées de petites lumières blanches qui les dessinent même la nuit, comme les voies d’atterrissage des avions.

Ce qu’il y a de remarquable est la fréquente masse des gens qui ont ouvert un magasin le long de ces routes, avec une petite habitation de parpaings et de tôles. C’est sans fin, et le village en un certain sens est devenu le bord de la route. C’est vrai quand la route est droite et plate, quand elle tourne ou va en montagne cela l’est moins.

Le long des routes allant de Manille à Targaytay ou de Cebu City à Oslob, des boutiques, des boutiques, des boutiques – essentiellement de nourriture. On grille la viande, on la fait aussi bouillir, on y ajoute de la sauce, on propose des noix de coco, on vend le long de la route, et les gens y demeurent presque toute la journée et y circulent plutôt en vélo, en moto, en tricycle (c’est-à-dire ce qu’on nomme tuk-tuk en Thaïlande, motos auxquelles des cabines ont été attachées pour plusieurs passagers) – dépassés par les voitures et les camions qui klaxonnent.

Derrière la route, s’étendent les poulaillers, les fermes, les champs : les gens y disposent de quoi griller quelque chose - poules, poissons tirés des mares, cochons.

Bien sûr, de petites boutiques de vêtements, ou d’autre chose encore. J’ai vu de nombreux bookstores fermés : avec les téléphones portables qui montrent des images, des films, on ne lit plus comme avant. C’est dommage. Les livres et les comics d’occasion, c’était tellement bien ! C’est fini, maintenant. Il ne faut pas regretter. Je lis moi-même souvent sur mon téléphone des textes que je télécharge. C’est assez pratique. Comment se procurer l’histoire dessinée de Darna, la grande super-héroïne des Philippines, si ce n’est ainsi ? Mais, à Manille, j’ai bien encore trouvé des librairies. On y voit de belles choses, dont je reparlerai.

D’une île à l’autre, on circule soit en bateau, soit ou en avion. En bateau, c’est souvent assez long. C’est un grand pays, occupant un espace important, comme souvent les pays d’Asie. En Chine on circule en train sur des milliers de kilomètres. Je n’ai pas vu beaucoup de trains aux Philippines : à la mode américaine, on utilise la voie des airs, ou à la mode espagnole probable, on circule en ferry. Avant les Espagnols, se voyait-on souvent, d’une île à l’autre ? Je ne sais pas trop. C’était de toute façon il y a longtemps.

Comments

Popular posts from this blog

Captain France contre les démons en plastique: une épopée. Episode 13: la révélation de Captain France

Almanach des Pays de Savoie 2025: Patrick Modiano, Louis Dimier et quelques autres

Du caractère apparemment antiscientifique du principe de l'égalité: en quoi appartient-il à l'héritage spirituel et religieux avant tout?